La politique, telle qu’elle se pratique dans la République des Valeurs Périmées, n’est pas plus saine que la prostitution. Elle est, à tort et fort malheureusement, devenue cette couverture du mensonge, de l’abjection, de la servitude et surtout l’art des lâches illusionnistes. D’elle on a fait le moule des hauts Cadres de la démagogie, le refuge des plus malhonnêtes, et le repaire de tous ceux qui aiment la facilité. On y vit politique, outrageusement. Y pense politique, inconsciemment. Y consomme politique, abusivement.
Devenir homme ou femme politique n’est plus une aspiration pour les plus intelligents, car la population, la gueule enfarinée, sans être sotte, semble subitement croire que son remède se trouve dans les doucereux leurres au quotidien. Même plus manipulée, elle se discrédite seule, adore vibrer aux rythmes des interminables guéguerres et débats ahurissants et se prélasser en démocrate.
Pierre après pierre, on y rase les fondements de l’édifice, déjà fragiles, posés par les devanciers. On dit du n’importe quoi, agit n’importe comment et trouve toujours refuge derrière des masses qui, obnubilées par je ne sais quoi, sont prêtes à se vider de toute leur sueur pour des fantaisies de toutes sortes.
Dans la rue elles sont là pour gueuler, louant souvent leurs cordes vocales moyennant quelques jetons ou sanglants billets. Sur les ondes, à chantonner généreusement les vertus d’une honorable personnalité qui serait soucieuse du calvaire des siens. Pour, à la fin, croupir dans les hôpitaux ou au fond des foyers, victimes de la même prédatrice misère.
L’immobilisme ne trouvera nulle part ailleurs une meilleure aire de chasse. Ici, les politiciens détrônés le confortent, ceux élus cherchent à le justifier. La population à qui il répugne s’efforce, elle, de crier à sa mort…malgré qu’elle entende intelligiblement les ronronnements de ses vides intestins.
Ne pas dire la vérité est un péché mignon dans le milieu, personne ne désirant entendre parler de la bonne demoiselle. Quand on le fait bien, on nous prête oreille attentive, car hélas les journalistes à sensations adorent tremper leurs plumes dans la boue de les ragots politiciens. Quand on le fait mal, on l’apprend à ses dépens : l’oubli engloutira votre nom au meilleur des cas.
Voilà donc les règles du jeu, qui sont très sales et m’interdisent tout espoir de voir les choses décoller tant qu’elles sont.
Etre homme du Peuple doit être un sacerdoce. On ne l‘accepte pas pour les privilèges qui l’accompagnent ni pour les flatteries, mais pour l’abnégation qu’on a à mettre à la disposition de la Patrie. La politique peut être la meilleure voie pour accéder à l’estime divine, pour peu que l’acteur se débarrasse des tacles et propos verbeux.
La Nation, la vraie, celle que l’on entend que difficilement, n’a pas besoin d’hommes et de femmes qui produisent des miracles ni qui ont la langue facile. Inutile donc de se rabaisser à longueur de journée et de persister de jouer avec l’affect des masses.
A celles-là d’ailleurs, je me permets juste de prier d’arrêter de croire que l’esprit partisan exige d’eux un soutien aveugle à leurs leaders au point de prendre pour messie un crocodile ; pour martyr un fautif. Le Patriotisme précède tout militantisme et la vertu écrase tout intérêt !
Assumons-nous donc en République !
Très Respectueusement et en toute impartialité,
African Cogito.
African Cogito